"DANS LE PORT... on nous dit que
TOUT EST BON
"
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Roland GABARRUS (Fertiladour)
"la monazite avait un goût d'huile, très sec"



Il est rentré en 1968 dans cette usine du Boucau, jusqu'en 2001, où il a été licencié pour maladie professionnelle reconnue, la silicose.

Il a traversé l'intégralité des "années monazite", et en a gardé des souvenirs extrêmement précis.

De ces sacs qu'il devait déchirer à la meuleuse à carrelage, jusqu'au goût que cette terre rare lui coinçait dan la gorge.

De ces protections de sécurité insuffisantes (masques en papier, dosimètres soi-disant défectueux) à cette poussière qu'il ramenait jusque dans les draps conjugaux.

De ce gamma-mètre utilisé pour vérifier que le camion de livraison "ne sonnait plus" à ces petits matins où il fallait enlever les étiquettes de radioactivité sur les sacs en gare de Bayonne.

En tant que chef d'équipe, la certitude de la dangerosité des matières premières et des produits finis ne l'a jamais quitté, mais les réponses qu'on lui a faites à l'époque lui faisaient reprendre le chemin de l'atelier.

Roland GABARRUS, aujourd'hui âgé de 66 ans, dit ne plus rien attendre de l'avenir, si ce n'est sans doute qu'on leur a délibéremment menti, en leur répétant : "T'en fais pas, c'est pas grave du tout".

Henri LEBLOND (Fertiladour)
"personne ne voulait aller bosser dans cet atelier de minerais"




Plus jeune que son collègue, c'est cette même silicose qui l'a empêché, en 2002, de poursuivre de prolonger ses 30 ans de "bons et loyaux services" au sein de l'usine FERTILADOUR.

En 1997, il se souvient en particulier de ces "écologistes" du CADE qui alertent l'opinion publique sur la dangerosité de leurs activités.

Et l 'année suivante, c'est avec scaphandre et air comprimé qu'il rentrera dans les trémis de l'atelier pour nettoyer les mécanismes englués de poussière : un matériel qu'il n'avait jamais vu auparavant, seule la perspective d'heures payées doubles étant en vigueur avant cela.

De 1989 à 1992, il était affecté au broyage de grès et de monazite, à proximité de plusieurs milliers de tonnes de produits finis.

Depuis 2006, Henri LEBLOND a intenté un procès à la direction de FERTILADOUR, pour mise en danger d'un salarié vis à vis de la silice qui emplit ses poumons comme ceux de 5 autres ouvriers comme lui.

Dans toutes ses questions posées à son ancien employeur, jamais les mots "monazite" ou "radioactivité" n'ont été prononcés par FERTILADOUR.

 

Bruno MESTRE (ADA)
"si on règle le problème à l'intérieur, il sera réglé à l'extérieur pour les riverains"

Délégué Force Ouvrière à l'Aciérie de l'Atlantique, Bruno MESTRE n'a eu aucune réticence à évoquer devant une caméra les conditions de travail et de sécurité d'ADA (contrairement à certains de ses collègues).

Pour ce sidérurgiste dans l'âme (et membre du Comité d'Hygiène et Sécurité), la question centrale d'ADA n'est ni sa fermeture, ni un fonctionnement comme aujourd'hui.

"Il faut régler le problème des poussières que supportent les ouvriers, et, quand cela sera traité efficacement à l'intérieur, alors, à l'extérieur, on aura fait un grand pas pour les riverains".

Il a connu les années "basque espagnol" de l'aciérie, quand les réglementations de sécurité étaient minimes, et les accidents fréquents.

Aujourd'hui, c'est mieux, estime-t-il, même si, dans l'usine, "il ya tellement de poussière que l'on ne se voit pas à 10 mètres".

Pas dupe sur la nature dangereuse de ces rejets (ou des scories), il se montrera satisfait des améliorations apportées durant l'été 2009.

Il espère aujourd'hui "aller jusqu'au bout", comme les autres, c'est à dire "en bonne santé"...