"DANS LE PORT... on nous dit que
TOUT EST BON
"
POINT DE DEPART FERTIL
ADOUR
L'ACIERIE ATLANTIQUE LES
ELUS
INDUS
TRIELS
ASSO
CIATIONS
SALARIES TELECHARGER
REGARDER

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Ce jour-là, un gigantesque nuage de fumées rougeâtres recouvre la totalité de l'usine et les environs, certaines voitures qui se dirigeaient vers l'estuaire préférant faire demi-tour plutôt que de traverser ce brouillard épais dans lequel on ne voyait pas à 20 mètres.

Confronté à ces images en octobre 2008, Iñaki ARBERATS reconnaitra sans aucune difficulté qu'il s'agit là d'une émanation "d'ennemis de la santé humaine ".

Immédiatement après, il rajoutera que trop de contraintes pourraient à terme contribuer à délocaliser cette usine "dans un autre pays où ces considérations environnementales sont pour le mieux à leur point de départ".

Le lendemain, placé dans la même situation, le Maire de Tarnos, Jean-Marc LESPADE admettra ne pas savoir "précisément" la nature de ce dégagement atmosphérique spectaculaire : quelques minutes auparavant, il expliquait pourtant être en mesure de demander des explications à l'industriel en cas de plainte de riverains.

Malgré ces images, aucune plainte ou demande d'explications à la DRIRE ou au Préfet ne sera faite par le Maire de Tarnos.

C'est par le témoignage d'un ouvrier de l'aciérie, Bruno Mestre, délégué syndical, qu'apparaitront plus précisément les atteintes sanitaires d'ADA : "A l'extérieur, c'est rien par rapport à ce que vivent les ouvriers", témoignera-t-il.

Ces fumées proviennent en effet du dégagement gazeux de l'électrolyse de matériaux ferreux de récupération, dans lesquels on trouve des carcasses de voitures, d'engins industriels, et autre ferrailles importées et déchargées sur le Port.

Au fond du bol de fusion subsistent donc des résidus de colles, de peintures, d'huiles de coupe, de solvants, libérés avec force dans l'usine à la fin du processus.

Si les masques de papier ne manquent désormais plus dans l'usine, reste encore posé le problème d'exposition de la peau à ces dégagements.

 

Un risque permanent pour les salariés, dont se sont affranchis certains concurrents européens d'ADA, en particulier allemands, confiera Bruno Mestre.

"Des ouvriers de chez nous sont allés visiter une aciérie électrique allemande située à proximité de pistes de ski", rapporte-t-il, "et ils ont été impresionnés par l'absence de poussière qui aurait même pu permettre aux employés de manger par terre !".

Cette aciérie semble donc fonctionner sur l'espoir des ouvriers que les problèmes sanitaires rencontrés trouvent une solution à moyen terme, et sur la réflexion affichée de sa direction sur son amélioration.

Quant aux interlocuteurs publics, de la DRIRE à la Préfecture, seuls quelques communiqués sporadiques viennent contrarier l'impression persistante d'immobilisme.

Nulle instance sanitaire n'a souhaité par exemple se pencher sur la nature exacte des SCORIES d'ADA, ces "déchets de déchets" comme les qualifie le CADE, à savoir les déchets semi-ferreux résiduels qui stagent dans le bol de fusion, et potentiellement chargés de dioxine et autres résidus de solvants.


Evacuées à l'arrière de l'usine après le refus des salariés d'avoir à supporter leurs dégagements gazeux extrêmement toxiques, elles sont refroidies, ramassées à la pelle mécanique puis transférées dans une gravière à proximité.

Faisant l'objet d'un contrat commercial avec l'entreprise local de travaux publics DURRUTY, elles sont alors mélangées à du caillou pour en faire du "gravier" utilisé dans les bassements routiers.

En France, c'est autorisé (mais certains pays européens l'ont proscrit) , mais dans un cadre très réglementé : il faut réussir à déterminer la quantité encore existante de solvants et de résideux ferreux contenus dans ces scories, afin de les diriger soit vers une décharge de déchets inertes, soit valider son utilisation pour du soubassement routier.

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