L’HOMME A LA TETE DE CHOUX DE MONOPRIX [Regarde les Hommes Tomber #13]

Il ne doit pas être bien vieux, le monde de la pub et de la comm n’aime pas les vieux…

Dans son bureau, il s’est attaqué à ce qu’on lui a demandé, c’est à dire à ce qui lui sera échangé contre l’argent dont il a besoin.

Trouver des slogans pour les produits de la chaine Monoprix. Faire oublier les conditions dans lesquels ils ont été produits, ou négociés.

Devant lui, des sachets de viandes, des boites de conserves, de pâtes, ou des bricks divers et variés.

La consigne qui lui avait été donnée avait été rapide, mais explicite : “Tu as carte blanche. mais il faut que ce soit drôle”.

Il avait entendu : “Tu es l’homme de la situation”

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“LES JEUX DES NUAGES ET DE LA PLUIE”, ET UNE QUESTION QUI FACHERA

Benjamin de Lajarte n’est ni mon cousin, ni un de mes descendants de l’ère napoléonienne.  Il m’est donc agréable et aisé d’en parler ici, et d’en faire le sujet d’une interrogation nocturne, et tenace.

Son nom ne m’était pas inconnu pour autant, et c’est dans les pages cinéma du Canard Enchaîné qu’il m’est réapparu, plus de quatre ans après avoir eu entre les mains un scénario signé par lui, rassemblé sous un nom difficile à oublier, “Les jeux des nuages et de la pluie”.

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Stéphane Pompougnac – #Tango Forte [Dans le casque]

Malgré son nom de grand bourgeois dont la famille aurait échappé de justesse aux coupages de têtes de la Révolution, Stéphane Pompougnac a su faire émerger la sienne de tout ce maelström musical dont raffolent les sociétés d’ascenseurs, les welcome men des grands hôtels lounge, et les constructeurs de parkings un peu sélects.

Avec sa collection signée Hôtel Costes, l’homme a bidouillé et rassemblé des titres qui nous donnent le temps de rajuster le plan de table de nos convives du samedi soir, ou de rêvasser à la maison en bois que nous ne ferons jamais construire en hauteur des Blues Moutains australiennes.

Ce morceau-ci, débarrassé des voix envoûtantes de beautés fatales en robes tout autant dangereuses, est une boucle entêtante, minérale, dont la simplicité apparente ne vous interdit pas de croiser les mains, les yeux dans le vague. Ne serait-ce le temps de vous interroger sur le titre de ce morceau, qui vous rappelle que vous aviez adoré le film “El Sur” de Solanas, et que vous ne savez plus trop où vous avez rangé vos vieux disques d’Astor Piazzola.

Une attitude que l’on a vous sans doute déjà beaucoup reproché dans vos vies antérieures, mais dont vous ressentez combien elle vous permet de ne pas vous reconnaitre dans l’expression d’un “animal utile”.

Yeux fermés, donc… Le reste attendra…

MR SCRUFF, ET DES INTUITIONS POUR 2013 [Get movin’]

Cette année 2013 a à peine commencé, que je me retrouve déjà devant la fenêtre à chercher dans le ciel (un peu blafard ce matin) ce que je vais bien pouvoir faire de cette nouvelle année…

Écouter de la musique en boucle est une première évidence, une constante.  Le reste sera simplement une histoire d’intuitions, you’d better keep movin’, keep movin…

Faudrait donc que cela puisse ressembler à cela…

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LE SOUVENIR DE DILLINGER, ET UN VERRE PRIS PAR EDWARD HOPPER [Regarde les Hommes Tomber #12]

Johnny Torrio était sorti de la salle de cinéma les mains dans les poches, et sa compagne lui avait emboité le pas sans l’interrompre dans ses pensées, vers le Phillies, ce diner-café de la 7ème Avenue de Chicago, plutôt désert à cette heure-ci.

Dehors, ses hommes qui l’attendent savaient que ce n’est pas le genre de moments où il aime être dérangé.

En dehors du serveur qui les avait accueillis d’un mot de bienvenue un peu fatigué, seul était présent un homme d’une quarantaine d’années, absorbé par le ballet de son crayon à papier sur un croquis de ruelles.

Un simple regard avait suffi au caïd du South Side pour chasser sa méfiance instinctive, et il s’était installé, toujours silencieux, près du comptoir, qu’elle avait rejoint à son tour.

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APRES LA FIN DU MONDE [Regarde les Hommes Tomber #11]

Une éventualité recevable pourtant, concevable comme le dernier maillon d’une chaine qui pouvait s’emballer. Celle d’une folie collective liée au 21 décembre 2012, et à la fin de toute chose.

La dernière et très chic hystérie, celle de la prédiction maya, dans un monde qui n’en manquait pas, ne comptait pas les blessés, et pariait sur le fiasco suivant.

Elle n’avait pas eu lieu. Il avait misé sur l’imbécilité du monde, sur des comportements grégaires d’affolements, tout au moins sur des faits divers consternants. Et ce n’est qu’en cela qu’il éprouvait un léger sentiment de déception.

Il avait joué. Tout misé. Un sourire aux lèvres.

Le monde tel que nous l’acceptons d’ordinaire n’avait pas généré de suicides collectifs, d’exodes massifs vers des contrées isolées peuplées d’hurluberlus aux yeux exorbités, traqués par des caméras vautours.

Non. Rien de cela ne s’était produit. L’improbable allait tout de même devoir exiger sa victoire à l’impossible, et la vérité se cacherait donc derrière son sourire, quelque peu embarrassant.

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Gorillaz (The XX Cover) – #Crystalised [Dans le casque]

Il doit y avoir quelque chose de bien intimidant de voir Damon ALBARN et sa formation protéiforme de Gorillaz vous reprendre l’un de vos tout premiers titres, Crystalised, alors que vous venez tout juste de vous confronter au public.

Déboulant dans une veine musicale que l’on imaginait plus suturée que les discrètes cicatrices faciales de Jocelyn Wildentsein (influences assumées des Cure, de Philippe Glass, ou Young Marble Giants), le groupe londonien The XX a directement déboulé dans les meilleurs espoirs NME de l’année 2009, puis dans les meilleurs ventes, puis dans tout ce que la télévision britannique a pu utiliser comme génériques et autres bande-annonces.

Un sens certain de la mélodie pop qu’on aurait tort de prendre pour des simples ritournelles, quand la force d’un morceau peut venir de son économie rythmique et de sa douceur, une option fragile que le R’n’B cherchera à comprendre après la fin du monde.

Cette cover s’écoute en boucle, sans lassitude, et il n’apparait plus comme nécessaire de cesser de regarder par la fenêtre. Un plaisir de ces derniers jours de 2012, qui nous auront vu ne rien changer à nos habitudes : trouver comme Jean Giono que la sensualité est une sorte d’allégresse cosmique.

Fences – #Fires [Dans le casque]

De ce jeune homme, finalement, on ne sait pas grand chose, sinon qu’il s’obstine depuis Seattle à ne pas laisser la distorsion s’emparer de sa guitare.

Christopher Mansfield le répète, des ancres tatouées sur tout son corps : il veut “partir d’ici”.

A écouter en boucle ce morceau, on a envie de le suivre. Une caméra à la main. Vous, je ne sais pas, mais moi, ça me met dans un état… vagabond. Entre patience et urgence.