Yellowtail feat Jose James – #Kings & Queens [Dans le casque]

Un son jazzy qui surprend un matin pluvieux, Nova sans doute, avec une intro très cinématographique, piano et contrebasse en devant de scène… Puis la voix chaude d’un gars, José James, qui m’était totalement inconnu, dont il est écrit dans un article sur Le Monde. fr qu’il a “bien fait de signer chez Blue Note depuis 2011 pour trouver sa voix”, soit après un morceau comme celui-ci…

Et moi je scotche, je devais rêver de princes et de princesses, je ne sais plus, et celui-ci qui croit encore aux rois et aux reines…

La pluie devrait pouvoir s’arrêter de pleuvoir, “le futur se chante” répète-t-il, mon immédiat devrait pouvoir chantonner, alors…

Avec une note de bleu en tête…

ROMPRE LA GLACE [Regarde les hommes tomber #16]

Il rentre dans le restaurant, une femme élégante à son bras. Sourit aux tenanciers, qu’il semble connaitre de longue date, et obtient une table un peu à l’écart, dans cet établissement où le premier service du soir a convaincu une douzaine de personnes que leurs frigos ne seraient pas assez séduisants pour les écarter de cette idée formulée un peu plus tôt dans la journée : aller manger “dehors”.

Ce “dehors” est pluvieux, sans être suffisamment abondant pour être parvenu à détremper leurs habits de quadras visiblement installés socialement, ni leurs mines réjouies par ces retrouvailles maintes fois repoussées.

Un apéritif, un plat unique, on verra pour le dessert.

Une demie-bouteille de vin recommandé par le patron, elle ne boit pas beaucoup, et lui modère sa consommation.

La discussion semble agréable, elle sourit à ses boutades, et lui écoute avec attention ces souvenirs relatés qui ne sont pas les siens.

A coté d’eux, un homme mange seul, un livre devant lui, feuilleté entre les plats.

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L’ANUS DIVIN, ET LES SEINS DE MA COIFFEUSE

Ne pas laisser le moindre doute quant à l’intention de parjure de cet article : quelle ampleur l’homophobie d’une (bonne) partie de l’Eglise aurait-elle prise, si le Christ n’avait pas été crucifié, mais empalé !

Ceci posé comme une pâquerette sur le chemin guilleret vers le bûcher de l’Inquisition, les évènements récents liés au débat sur le mariage homosexuel ont rassemblé tant d’opposants sur le macadam qu’il est impossible de ne pas ressentir un vent glacial dans ce sens de la vie qui nous informe sur notre civilisation.

Quasiment autant de manifestants dans une position que dans l’autre (se renvoyant quelque peu “cul à cul”), et un pouvoir politique qui livre un tracé un peu zigzaguant, mais finalement lisible : celui de ne ne pas laisser aux tenants d’une Religion “naturelle” le droit de nous maintenir dans un combat d’arrière-garde.

Où les voies du Seigneur devraient rester impénétrables, surtout celle qu’aucune représentation (de dos) du Vieux Divin n’a permis de mettre en lumière.

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BJÖRK, SANS ABANDONNER LE SOUFFLE A LA PESANTEUR [Regarde les Hommes Tomber #15]

Le titre “Broken” de Bjork pourrait se contenter d’être lumineux…

Co-écrit avec le guitariste flamenco Raimundo Amador en 1997, cette vibrante tectonique entre la poésie islandaise et le duende du Sud ne figure sur aucun album de la chanteuse (à l’exception d’un obscur import japonais). Et elle ne l’a pas interprétée à l’envi sur les scènes dont elle fut l’invitée dans le monde entier.

Elle le répète, et on n’y ferait presque pas attention tant la puissance de son cri est un souffle impressionnant, “my heart is so broken”.

Et il faudrait se rappeler. On ne chante pas “my heart is so broken” sans laisser des gouttes de sang sur des touches de piano, ou sur les cordes d’une guitare. Pas “impunément”.

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CES BATARDS SANS DIEU [Regarde les Hommes Tomber #14]

Bien sûr, il y a ce film d’Audiard de 1994, avec l’un des derniers grands rôles de Jean Yanne, qui m’a donné envie de nommer ainsi cette rubrique.

Mais il y a plus que cela, si tant est que, me concernant, soit écartée toute tendance morbide, du genre qui vous fait guetter les 12 coups de minuit du 31 décembre avec une lame de rasoir dans la main comme tout bon gothique qui se respecte (jusqu’au lendemain seulement, et les quolibets qui s’en suivent).

Dans cette série de portraits, sous cette rubrique, sont liés des individus (pour l’instant essentiellement masculins, mais Bjork ouvrira une nouvelle voie rapidement sur ce blog) tous portés par le sentiment de ne pas avoir totalement trouvé une place confortable dans une société qui en avait pourtant dessiné clairement les contours. Et les portes d’entrées.

Chacun d’entre eux les a perçus.

Certains, sans baisser la tête, ont pris le parti de s’en écarter. Et d’autres les ont vus se refermer sèchement.

Jusqu’à l’incompréhension. Jusqu’à la solitude.

Jusqu’à se sentir des bâtards sans légitimité.

Mais pas au-delà de ses propres certitudes que la vie peut passer par des conséquences à affronter, face auxquelles il n’est pas envisageable de déclarer forfait. Ni de demander pitié pour soi.

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Gang Starr – #Jazz thing [Dans le casque]

Un parfum de Côte Est, tandis qu’affluent les images des films de Spike Lee, dont ce Mo’Better Blues que cette formation avait incendié de son beat cool, swing et puissant.

Eux allaient donner la formation Jazzmatazz, et lui sortait de l’impeccable Do The right Thing, avec Malcom X déjà dans la tête.

Démangements de hanches, et les membres qui s’agitent, valse de pieds, et mains qui dessinent les mots “black” et “beautiful”, à peine visibles derrière des lunettes noires.

 

Zéro 7 – #Futures [Dans le casque]

Une petite dose de trip hop, douce et calme, par ce duo de bidouilleurs recrutés par Radiohead sur leur album Ok Computer.

Derrière la mélodie entêtante, des accents de guitare latinos par José Gonzalez, dont la nationalité suédoise n’est qu’un accident de parcours, depuis le départ de ses parents argentins durant la dictature là-bas.

Le mélange ambient s’écoute en boucle, le fondement même de cette rubrique.

Je décline toute responsabilité sur la destination que prendront vos pensées par la suite.

 

QIANJIANG, UNE FACE CACHEE DU REDBULL DE VOS SOIREES

Une simple visite près de la zone chimico-industrielle Jinhuarun, dans la ville de Qianjiang (province de Hubei, centre de la Chine) est une épreuve pour ceux qui, carte de presse en main, ne s’y sont ne serait-ce qu’aventurer pour relater la vie quotidienne de ses habitants.

Yeux qui piquent puis qui pleurent en moins de deux heures, et des nausées pour accompagner le reste de la journée, comme a pu le constater l’auteur de ces photos, le journaliste reporter chinois Wu Hong.

Sans que, depuis, nous puissions détourner notre regard d’une terre rendue maudite par la voracité d’une puissance économique chinoise, qui a fait de ses habitants les éléments négligeables de son développement industriel.

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