WONG Kar WAI, REVELATEUR ADN

La sémantique des expressions popularisées n’y suffit pas.

Trop relatives, trop fourre-tout.

Avoir des enfants ne peut pas relever de l’espace disponible entre deux pensées éculées.

“Les chiens ne font pas des chats”, et “Ton adolescent, ce n’est pas toi en moins jeune, c’est autre chose”.

Non, pas suffisant.

J’ai eu des enfants pour qu’ils voient les films de Wong kar Wai.

Continue reading “WONG Kar WAI, REVELATEUR ADN”

“OUI MONSIEUR”, MON ONCLE D’AMERIQUE [Mon prochain doc]

L’anecdote qui suit est un raccourci rapide mais sans doute suffisant pour aborder cette histoire, et présenter mon désir de la raconter.

La scène se passe fin 2008 au sujet du Jockey Club Restaurant, l’un des établissements les plus courus de Washington, où s’y est pressé depuis son ouverture au début des années 60 tout ce que le Congrès américain a connu de politiciens célèbres (avec ses Présidents successifs) et de célébrités d’Hollywood de passage dans la capitale américaine.

Fermé depuis 2001, Internet bruissait donc d’une réouverture possible de ce restaurant mythique, que confirme l’envoi massif de mails présentant la nouvelle carte au menu.

A 32$ la Dover Sole (une spécialité historique du lieu), un internaute interroge par retour de mail : “Are you sure the Dover Sole is fresh?”

La réponse intervient immédiatement : “Oui, Monsieur”, en français dans le texte, apportant ainsi la meilleure réponse possible au doute exprimé : “The french maitre d’hotel of legend Martin Garbisu is back”, une information reprise plus tard par le Washington Post qui couchera noir sur blanc son enthousiasme pour le retour du beloved bonhomme.

Qui, accessoirement (et je remonte fièrement les épaules), est mon oncle, Tonton Martin, mon otto, parti à ses 20 ans tenter sa chance aux Etats Unis, comme beaucoup d’autres paysans basques.

Continue reading ““OUI MONSIEUR”, MON ONCLE D’AMERIQUE [Mon prochain doc]”

ROCK’N’ROLL APRES L’ENFER, CAPSULA

La question de l’improbable ne s’est pas posée bien longtemps, ce vendredi 1er mars à l’ATABAL de Biarritz, devant le concert du groupe CAPSULA, reprenant in extenso l’abum Ziggy Stardust de Bowie, quarante ans après sa sortie.

L’improbable n’a donc apporté aucune mauvaise réponse à ce combo argentin basé à Bilbao, qui croit toujours dur comme fer que les pantalons en satin sont un incontournable d’un concert digne de ce nom.

Qu’une bassiste se doit d’adopter une mine de chatte deux heures durant, nous ravissant de mimiques que nous n’avions vues que sur le visage de Poison Ivy des Cramps.

Et qu’une guitare électrique ne sonne jamais aussi bien que quand elle accompagne le saut du chanteur, les pieds écartés dans un ciseau désinvolte que dix groupes (dont The Hives) pratiquent encore sur cette planète (dix au maximum) sans affoler leurs agents.

Continue reading “ROCK’N’ROLL APRES L’ENFER, CAPSULA”

UNKLE (featuring Duke Spirit) – #Mayday [Dans le Casque]

C’est comme une envie de gras au coeur de l’hiver, l’idée que notre survie en dépend, même ponctuellement…

Du son, un peu lourd mais pas que, et une voix de chanteuse pour enrober le tout.

Quand l’ensemble est confié au collectif anglais Unkle post Mo’Wax, les furieux de Duke Spirit pas loin dans le studio, ça donne un signal d’alarme qui n’emprunte pas les chemins de la détresse.

Non… Juste une envie de secouer la tête un peu énergiquement, façon Parkinson comme le Pape d’avant le Ratzinger.

Envie aussi de laisser le hasard guider le reste de vos pas. Même ponctuellement.

“Laissez-moi seul juger de ce qui m’aide à vivre”, répétait Paul Eluard.

CET HOMME ASSIS, MON PERE [Regarde les Hommes Tomber #18]

Je me souviens ne pas avoir versé la moindre larme à la mort de mon père.

Aussi brutale fut-elle…

Je pris ma place dans la lignée de ces étrangers insensibles que décrivit Camus. Moi qui, depuis très jeune, ne l’appelait plus “papa” ou “aita”.

De cet homme qui levait les poings devant la chair de sa chair et baissait les yeux devant celle que l’état civil désignait comme ma mère, il me reste quelques images, rares, parce que capables de m’émouvoir. Un instant, un instant seulement…

Continue reading “CET HOMME ASSIS, MON PERE [Regarde les Hommes Tomber #18]”

“JE NE SAIS PAS” [Regarde les Hommes Tomber #17]

Il pensait bien qu’elle serait là, qu’elle guetterait son arrivée dans l’immeuble, et sa demande ne l’avait pas surpris.

Il la regarda, elle qui portait sa solitude comme le poids de trop désormais, elle qui ne comprendrait comment quelqu’un comme lui, avec une solitude comparable, pourrait ne pas la prendre dans ses bras aujourd’hui. Pour ce dernier jour.

Mais il garda ses mains dans ses poches, et marmonna un “Je ne sais pas…” comme seuls mots, avant de passer devant elle, et de reprendre sa marche vers les étages supérieurs.

L’information avait secoué tout le monde (l’expression sonnait enfin juste), et avait généré une modification radicale des rapports humains qu’il n’avait pas forcément envie de partager.

Continue reading ““JE NE SAIS PAS” [Regarde les Hommes Tomber #17]”

The Beta Band – #B+A [Dans le casque]

Retrouvé sur un blog ami (merci, Murielle), ces Écossais se sont fait un nom aussi rapidement que brièvement, trois albums ayant convaincu les membres de ce groupe pop de se lancer dans des aventures solos perdues parmi tant d’autres.

Si un titre  comme Dry The Rain (une prière commune à tous les Ecossais) a été immortalisé par la suite dans le film High Fidelity de Stephen Frears, ce morceau-ci, que l’on ne peut accuser d’être impossible à mémoriser, est un long instrumental propre à vous faire oublier que la nuit est tombée, depuis longtemps, à vous faire oublier la fatigue qui ralentit votre voix et vous transforme en crapaud aux yeux cernés de couleurs incertaines.

Les quelques sons de voix entendus dans ce B+A vous ramèneraient presque à ces murmures entendus chez un autre oiseau nocturne, Keith Jarret, dans son envoûtant Live in Köln.

Ce n’est pas sérieux, mais vous le cherchez et le retrouvez, vous repartez pour une heure d’écoute en plus.

Vous vous maudirez après avoir dormi correctement, mais pas avant d’avoir fait play it again sur votre lecteur…

Plus tard, plus tard…

“ET T’ECRIRE DES POEMES”, TRAGEDIE INABOUTIE DE LA FOLIE SOLITAIRE [ABSENCE]

D’où vient ce sentiment de ne pas avoir suffisamment vibré ce vendredi soir au Théâtre de Bayonne devant ABSENCE de la compagnie Dos à Deux ?

Dans un huis-clos apocalyptique et futuriste, un homme seul livre son quotidien au regard des spectateurs, entre chasses aux rats qui tombent dans ses pièges et attente de cette goutte d’eau vitale qui lui permet, comme un antidote, de résister à l’air pestilentiel de l’extérieur.

Que cela soit pour lui, ou pour son poisson rouge, unique compagnie aimée d’une existence solitaire où le but de la vie est d’échapper à l’ennui, et à la folie.

Seul. Il est seul, ou presque.

Continue reading ““ET T’ECRIRE DES POEMES”, TRAGEDIE INABOUTIE DE LA FOLIE SOLITAIRE [ABSENCE]”