ROCK’N’ROLL APRES L’ENFER, CAPSULA

La question de l’improbable ne s’est pas posée bien longtemps, ce vendredi 1er mars à l’ATABAL de Biarritz, devant le concert du groupe CAPSULA, reprenant in extenso l’abum Ziggy Stardust de Bowie, quarante ans après sa sortie.

L’improbable n’a donc apporté aucune mauvaise réponse à ce combo argentin basé à Bilbao, qui croit toujours dur comme fer que les pantalons en satin sont un incontournable d’un concert digne de ce nom.

Qu’une bassiste se doit d’adopter une mine de chatte deux heures durant, nous ravissant de mimiques que nous n’avions vues que sur le visage de Poison Ivy des Cramps.

Et qu’une guitare électrique ne sonne jamais aussi bien que quand elle accompagne le saut du chanteur, les pieds écartés dans un ciseau désinvolte que dix groupes (dont The Hives) pratiquent encore sur cette planète (dix au maximum) sans affoler leurs agents.

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UNKLE (featuring Duke Spirit) – #Mayday [Dans le Casque]

C’est comme une envie de gras au coeur de l’hiver, l’idée que notre survie en dépend, même ponctuellement…

Du son, un peu lourd mais pas que, et une voix de chanteuse pour enrober le tout.

Quand l’ensemble est confié au collectif anglais Unkle post Mo’Wax, les furieux de Duke Spirit pas loin dans le studio, ça donne un signal d’alarme qui n’emprunte pas les chemins de la détresse.

Non… Juste une envie de secouer la tête un peu énergiquement, façon Parkinson comme le Pape d’avant le Ratzinger.

Envie aussi de laisser le hasard guider le reste de vos pas. Même ponctuellement.

“Laissez-moi seul juger de ce qui m’aide à vivre”, répétait Paul Eluard.

CET HOMME ASSIS, MON PERE [Regarde les Hommes Tomber #18]

Je me souviens ne pas avoir versé la moindre larme à la mort de mon père.

Aussi brutale fut-elle…

Je pris ma place dans la lignée de ces étrangers insensibles que décrivit Camus. Moi qui, depuis très jeune, ne l’appelait plus “papa” ou “aita”.

De cet homme qui levait les poings devant la chair de sa chair et baissait les yeux devant celle que l’état civil désignait comme ma mère, il me reste quelques images, rares, parce que capables de m’émouvoir. Un instant, un instant seulement…

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“JE NE SAIS PAS” [Regarde les Hommes Tomber #17]

Il pensait bien qu’elle serait là, qu’elle guetterait son arrivée dans l’immeuble, et sa demande ne l’avait pas surpris.

Il la regarda, elle qui portait sa solitude comme le poids de trop désormais, elle qui ne comprendrait comment quelqu’un comme lui, avec une solitude comparable, pourrait ne pas la prendre dans ses bras aujourd’hui. Pour ce dernier jour.

Mais il garda ses mains dans ses poches, et marmonna un “Je ne sais pas…” comme seuls mots, avant de passer devant elle, et de reprendre sa marche vers les étages supérieurs.

L’information avait secoué tout le monde (l’expression sonnait enfin juste), et avait généré une modification radicale des rapports humains qu’il n’avait pas forcément envie de partager.

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The Beta Band – #B+A [Dans le casque]

Retrouvé sur un blog ami (merci, Murielle), ces Écossais se sont fait un nom aussi rapidement que brièvement, trois albums ayant convaincu les membres de ce groupe pop de se lancer dans des aventures solos perdues parmi tant d’autres.

Si un titre  comme Dry The Rain (une prière commune à tous les Ecossais) a été immortalisé par la suite dans le film High Fidelity de Stephen Frears, ce morceau-ci, que l’on ne peut accuser d’être impossible à mémoriser, est un long instrumental propre à vous faire oublier que la nuit est tombée, depuis longtemps, à vous faire oublier la fatigue qui ralentit votre voix et vous transforme en crapaud aux yeux cernés de couleurs incertaines.

Les quelques sons de voix entendus dans ce B+A vous ramèneraient presque à ces murmures entendus chez un autre oiseau nocturne, Keith Jarret, dans son envoûtant Live in Köln.

Ce n’est pas sérieux, mais vous le cherchez et le retrouvez, vous repartez pour une heure d’écoute en plus.

Vous vous maudirez après avoir dormi correctement, mais pas avant d’avoir fait play it again sur votre lecteur…

Plus tard, plus tard…

“ET T’ECRIRE DES POEMES”, TRAGEDIE INABOUTIE DE LA FOLIE SOLITAIRE [ABSENCE]

D’où vient ce sentiment de ne pas avoir suffisamment vibré ce vendredi soir au Théâtre de Bayonne devant ABSENCE de la compagnie Dos à Deux ?

Dans un huis-clos apocalyptique et futuriste, un homme seul livre son quotidien au regard des spectateurs, entre chasses aux rats qui tombent dans ses pièges et attente de cette goutte d’eau vitale qui lui permet, comme un antidote, de résister à l’air pestilentiel de l’extérieur.

Que cela soit pour lui, ou pour son poisson rouge, unique compagnie aimée d’une existence solitaire où le but de la vie est d’échapper à l’ennui, et à la folie.

Seul. Il est seul, ou presque.

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Yellowtail feat Jose James – #Kings & Queens [Dans le casque]

Un son jazzy qui surprend un matin pluvieux, Nova sans doute, avec une intro très cinématographique, piano et contrebasse en devant de scène… Puis la voix chaude d’un gars, José James, qui m’était totalement inconnu, dont il est écrit dans un article sur Le Monde. fr qu’il a “bien fait de signer chez Blue Note depuis 2011 pour trouver sa voix”, soit après un morceau comme celui-ci…

Et moi je scotche, je devais rêver de princes et de princesses, je ne sais plus, et celui-ci qui croit encore aux rois et aux reines…

La pluie devrait pouvoir s’arrêter de pleuvoir, “le futur se chante” répète-t-il, mon immédiat devrait pouvoir chantonner, alors…

Avec une note de bleu en tête…

ROMPRE LA GLACE [Regarde les hommes tomber #16]

Il rentre dans le restaurant, une femme élégante à son bras. Sourit aux tenanciers, qu’il semble connaitre de longue date, et obtient une table un peu à l’écart, dans cet établissement où le premier service du soir a convaincu une douzaine de personnes que leurs frigos ne seraient pas assez séduisants pour les écarter de cette idée formulée un peu plus tôt dans la journée : aller manger “dehors”.

Ce “dehors” est pluvieux, sans être suffisamment abondant pour être parvenu à détremper leurs habits de quadras visiblement installés socialement, ni leurs mines réjouies par ces retrouvailles maintes fois repoussées.

Un apéritif, un plat unique, on verra pour le dessert.

Une demie-bouteille de vin recommandé par le patron, elle ne boit pas beaucoup, et lui modère sa consommation.

La discussion semble agréable, elle sourit à ses boutades, et lui écoute avec attention ces souvenirs relatés qui ne sont pas les siens.

A coté d’eux, un homme mange seul, un livre devant lui, feuilleté entre les plats.

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