NE PAS VIVRE SANS LIBERTE, NE PAS ECRIRE SANS PEUR (Une interrogation, et quelques livres)

Des fleurs tombaient sur sa tête, tandis que des larmes coulaient de ses joues sur sa chemise blanche“.

Entendue dans un film ce soir, sans être tout à fait certain qu’elle ait réellement été prononcée, cette phrase m’a ramené vers une interrogation posée il y a quelques semaines par mes deux petits gars, à l’occasion d’un devoir de français : la souffrance est-elle nécessaire au poète ?

Y répondre par un “ni oui ni non” en forme de Jeux de 20 heures n’avait guère de sens, quand était espérée une réflexion un peu plus structurée, qui n’a pas pris place dans mon cerveau post-reptilien. Mes quelques balbutiements ont tôt fait de les renvoyer dans une perceptible lassitude de devoir se dépatouiller  par eux-mêmes, sans le soutien de l’un de ces adultes encombrants que leurs adolescences cherchent à écarter progressivement.

Qu’il me soit permis de penser que la question initiale est peut-être mal posée, et de me retourner sur quelques livres lus ces dernières semaines, qui auront fait ce qu’ils pouvaient pour me faire oublier 4 mois de pluie au Pays Basque.

Devant le risque d’être un peu long, et laborieux, quelques notes douces de Max Richter en écoute recommandée, pour patienter jusqu’à la fin de cet article…

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DEMIS ROUSSOS, PAS LA MOITIE D’UN VISIONNAIRE (UN DERNIER HOMMAGE – RIP)

Vous n’êtes pas obligé de me croire, et je ne rembourserai personne. Mais Demis est un véritable messie. Artémios Ventouris Roussos, raccourci pour faciliter le travail des DJs du monde entier, entre 1968 et 1989. Oui, vous le connaissez. Niez mais, dès lors, quittez cette page.

Né grec le 15 avril 1946, il ne sera déclaré de notre monde que le 15 juin suivant, en Egypte, un changement de nationalité imposé par ses parents pour une conjonction de Vénus dans Saturne, le jour d’une éclipse visible uniquement depuis la face Sud de la pyramide de Gizeh.

Un calcul surprenant pour les esprits sous-irrigués mais déterminant pour lui et sa famille, vu que ce samedi-là marque le 194ème anniversaire de l’invention du paratonnerre et que, précisément ce jour-là, le coureur cycliste égyptien Karam Gaber Shabana est victime d’une crevaison dans le Tour d’Alexandrie : sa décision de rentrer chez lui pour faire l’amour avec sa femme (surprise, puis ravie) donnera lieu quelques mois après à la naissance à Amr Shabana, qui sera par la suite 4 fois champion du monde de squash (en  2003, 2005, 2007 et 2009).

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UN MORCEAU DE SUEDE, ET CETTE FEMME, LA [Regarde les Hommes Tomber #19]

Ce dimanche matin avait commencé par du soleil, puis par la fête populaire de la Korrika à Bayonne. Plus de 10.000 personnes, ont établi les organisateurs, quand la ville s’était animée d’ikurriñas et de chants basques, dans une ambiance enfin printanière.

Retour sur l’ordi dans l’après-midi, puis nouvelles déambulations, avant de se faire saisir par le sentiment de ne pas être complètement dans le rythme, comme le sentiment d’être un touriste sur une journée comme cela.

Rien de grave, j’en parlerai à mon psy quand je serai grand, mais cela se règle facilement, habituellement, pour ma part.

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WONG Kar WAI, REVELATEUR ADN

La sémantique des expressions popularisées n’y suffit pas.

Trop relatives, trop fourre-tout.

Avoir des enfants ne peut pas relever de l’espace disponible entre deux pensées éculées.

“Les chiens ne font pas des chats”, et “Ton adolescent, ce n’est pas toi en moins jeune, c’est autre chose”.

Non, pas suffisant.

J’ai eu des enfants pour qu’ils voient les films de Wong kar Wai.

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“OUI MONSIEUR”, MON ONCLE D’AMERIQUE [Mon prochain doc]

L’anecdote qui suit est un raccourci rapide mais sans doute suffisant pour aborder cette histoire, et présenter mon désir de la raconter.

La scène se passe fin 2008 au sujet du Jockey Club Restaurant, l’un des établissements les plus courus de Washington, où s’y est pressé depuis son ouverture au début des années 60 tout ce que le Congrès américain a connu de politiciens célèbres (avec ses Présidents successifs) et de célébrités d’Hollywood de passage dans la capitale américaine.

Fermé depuis 2001, Internet bruissait donc d’une réouverture possible de ce restaurant mythique, que confirme l’envoi massif de mails présentant la nouvelle carte au menu.

A 32$ la Dover Sole (une spécialité historique du lieu), un internaute interroge par retour de mail : “Are you sure the Dover Sole is fresh?”

La réponse intervient immédiatement : “Oui, Monsieur”, en français dans le texte, apportant ainsi la meilleure réponse possible au doute exprimé : “The french maitre d’hotel of legend Martin Garbisu is back”, une information reprise plus tard par le Washington Post qui couchera noir sur blanc son enthousiasme pour le retour du beloved bonhomme.

Qui, accessoirement (et je remonte fièrement les épaules), est mon oncle, Tonton Martin, mon otto, parti à ses 20 ans tenter sa chance aux Etats Unis, comme beaucoup d’autres paysans basques.

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