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HENDAIA FILM FESTIVAL : pour faire court, c’est le moment

Written By: Ramuntxo Yallah - oct• 09•13

Un seul regard sur le nombre important de journalistes présents, hier mardi à Hendaye, a permis de constater ce frémissement perceptible qui accompagne la tenue de la 1ère édition du HENDAIA FILM FESTIVAL, qui se déroulera dans cette ville du 17 au 19 octobre prochain.

De quoi donner du baume au coeur aux deux architectes principaux de cette manifestation autour du court métrage : la photographe Angela Mejias et le réalisateur Laurent Dufrèche, dont les cartographies cardiaques ont épousé depuis longtemps les contours d’Hendaye.

Trois jours de projections de films courts ont constitué leur rêve d’un temps fort cinématographique, dans une ville transfrontalière à qui sera refusée sa simple actualité de bisbilles de cloche-merle ou son statut de “dernière ville française avant la frontière espagnole et la ville d’Irun“, comme l’indiquent les GPS.

Ils l’ont martelé avec douceur, chacun à leur tour. C’est le moment de trouver de l’encouragement, pour cette ville dont la vitalité culturelle s’appuie sur un nombre considérable d’initiatives, de ses temps forts culturels souvent méconnus à la programmation pertinente de son cinéma des Variétés.

Le moment de “franchir le pas” et favoriser fortement la visibilité internationale d’un format court du cinéma, dont on s’aperçut hier de sa non-existence à moins de 200 km du Pays Basque. Et l’appuyer dans ce contexte économique où les longs métrages souffrent d’une raréfaction de moyens de productions, quand le désir de filmer, lui, ne connait pas la crise.

Ainsi, ce sont 50 courts métrages régionaux et internationaux (globalement sélectionnés sur la thématique cette année des “minorités sociales, linguistiques et culturelles“) qui attendront que leur soient adressés un regard passionné et attentif : certains ont déjà eu “des solides parcours dans de très grands festivals“, a précisé Laurent Dufrèche, mais pour beaucoup, il s’agira d’une épreuve du feu, indispensable et bienvenue.

Parce que vivre à Hendaye, c’est apprécier la richesse de son métissage transfrontalier trilingue, un grand effort a été apporté pour que, parmi les films internationaux sous-titrés en français, les courts de l’Hexagone soient sous-titrés en basque. Cet euskara au coeur d’un “vivre ensemble” qui encouragera la production d’Euskal Herria, dont la visibilité sur ses terres du Sud et du Nord du Pays Basque fait désormais l’objet d’une réflexion forte, commune et déterminée.

Ainsi, une réunion professionnelle est intégrée au programme, qui aura pour objet de rassembler des producteurs, des réalisateurs, des distributeurs et des institutions des deux côtés des Pyrénées, pour converger ensemble vers des dispositifs de distribution encore inédits pour le cinéma basque, qu’il soit porteur de sa langue ou qu’il ait fixé ce territoire dans son objectif. Et douze courts métrages basques (sur 65 films reçus), sous-titrés en français, auront à cœur de porter cette ambition.

Hendaye est un endroit impeccable pour cette rencontre“, a commenté Laurent Dufrèche, “avec sa place centrale entre Bayonne et Donostia, entre Paris et Madrid“. Nous aurions tous pu traduire : gommer les frontières, et s’ouvrir à l’autre, cette idée simple que porte la culture, et qui semble bien aujourd’hui encore le meilleur moyen de combattre la barbarie des repliements identitaires, ou nationalistes.

De nombreux bénévoles ont été les premiers à s’engouffrer dans cette aventure, rapidement suivis par l’Institut Culturel Basque, le Conseil Général, la Région ou le gouvernement basque d’Euskadi.

Tout le monde se connaissait, sans forcément avoir pris le temps de se rencontrer autour d’un temps fort culturel“, s’est réjouie Angela Mejias, en rappelant combien ce projet ne venait pas de “nulle part” : porté par l’association Begiradak, il n’est que le prolongement (spectaculaire) de très nombreuses actions à Hendaye pour soutenir des appels de fonds vers des grands drames humains (Haïti, Madagascar, Syrie, et l’Amérique latine), aux côtés de leurs camarades Pompiers Solidaires.

C’est le moment, faut-il donc répéter avec eux, quand nous saurons trouver nos places devant ces bouts d’espoirs filmés, “pour se perdre par dilution dans l’universel“, comme le suggère cette citation d’Aimé Césaire placée en introduction de leur projet.

Il faudra alors déambuler dans cette créolisation culturelle, à laquelle viennent se rajouter des expositions à l’espace Mendi Zolan, des concerts de-ci de-là, et, en clôture de la compétition, le long métrage  SUR LES PAS DE JAKES, diffusé en français sous-titré euskara.

Tous les renseignements et précisions sur le site du HENDAIA FILM FESTIVAL

 

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