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CIMADE BAYONNE : “GUÉANT, HORTEFEUX, VALLS : LA DONNE N’A PAS CHANGÉ POUR LES MIGRANTS”

Written By: Ramuntxo Yallah - déc• 04•13

Un seul chiffre fourni ce mercredi matin en conférence de presse par la CIMADE de Bayonne pourrait résumer la situation des migrants telle qu’elle est vécue au Pays Basque nord, et en particulier au Centre de Rétention Administrative (CRA) d’Hendaye : avec une prévision finale de 300 personnes “retenues” au CRA, le total de 2013 sera supérieur à celui de 2012 (278) et de 2011 (221).

“La rétention doit être l’exception, et François Hollande ne l’a pas compris”, a introduit Francisco Sanchez Rodriguez, défenseur des des étrangers retenus pour la CIMADE, et doctorant en droit public à l’UPPA de Bayonne.

Et de détailler le nombre important d’arrestations effectuées en gare d’Irun, d’Hendaye ou de St Jean de Luz (pour 70% des personnes placées au CRA), “ça continue à faire du chiffre”, quand chacune des interventions de la police déclenche une course poursuite contre la montre.

“Durant les cinq premiers jours de rétention, c’est le Préfet des Pyrénées Atlantiques qui a tout pouvoir décisionnaire pour décider du placement de la personne en CRA ou d’une reconduite à la frontière”, explique l’avocate Laurence Hardouin, “nous n’avons que ce délai pour entendre la personne, rédiger au plus vite un dossier auprès de l’OFPRA, organiser un rendez-vous par visio-conférence avec un de ses permanents qui est à Toulouse, en bref utiliser toutes les armes que la loi nous donne, même si le Préfet nous le reproche”.

La démarche des membres de la CIMADE est donc régulièrement taxée de “procédures dilatoires”, et “d’atteintes aux institutions de la République”, Francisco Sanchez évoquant ce  “grief” entendu de “s’opposer à la politique migratoire de la France”.

Dans ces conditions, il semble difficile de faire partager le slogan socialiste (“Le changement, c’est maintenant”) à la pyramide des peuples arrêtés (Maroc pour 25% d’entre eux, Afrique sub-saharienne pour 25%, ex-pays de l’URSS pour 18%, et puis, conjoncturellement des Syriens, des Palestiniens, des Pakistanais).

Demande de titres de séjours pour des personnes qui travaillent, cartes d’étudiants, dossiers familiaux : tous les moyens possibles se heurtent à une logique sans états d’âmes d’un pays où 60% des personnes arrêtées ne verront pas le moindre juge, quand bien même le coût d’une reconduite à la frontière est estimé en moyenne à 12.000 euros par personne, hors frais de justice.

Et il en va de même pour ceux qui formulent une demande de droit d’asile, en arguant des dangers pour leurs vies dans leurs pays respectifs : regroupés selon un arbitraire préfectoral dans un Centre d’Accueil spécifique (CADA Atherbea à Bayonne, pour le Pays Basque), ils doivent entamer un long parcours du combattant où “l’absurde administratif accompagne le pari fait sur l’usure de la précarité, de la clandestinité, en espérant que les demandeurs finiront par demander d’eux-mêmes le droit au retour officiel”, commente Hélène Ducarre, Présidente de la CIMADE de Bayonne.

A la précarité des migrants, souvent accompagnés d’enfants, s’ajoute la constitution du dossier qui coûte environ 600 euros par famille, en termes de timbres fiscaux et de frais de créations de dossiers, “ça rapporte à l’Etat, quand au bout d’un an et demi d’assignation à un CADA, la grande majorité des demandeurs est déboutée et se retrouve avec une obligation de quitter le territoire français”.

“Le visage socialiste de la France n’a pas changé la donne pour les migrants”, complète Laurence Hardouin, “Guéant, Hortefeux ou Valls : pas une virgule n’a bougé dans les faits”.

Dans ce contexte où aucun des membres de la CIMADE n’envisage pourtant de baisser les bras, le constat d’une relève inexistante de nouveaux avocats pour seconder les huit volontaires actuels n’a pas permis de dérider les visages : “ce n’est pas porteur, pas rémunérateur, et il faut réfléchir vite”, conclut avec une amertume perceptible Francisco Sanchez Rodriguez.

Samedi 15 décembre à 11h devant le CRA d’Hendaye, un nouveau Cercle de Silence s’opposera une fois encore aux scénarios écrits d’avance, constitué d’organisations des Droits de l’Homme et de syndicats des deux côtés des Pyrénées.

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One Comment

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