DEMIS ROUSSOS, PAS LA MOITIE D’UN VISIONNAIRE (UN DERNIER HOMMAGE – RIP)

Vous n’êtes pas obligé de me croire, et je ne rembourserai personne. Mais Demis est un véritable messie. Artémios Ventouris Roussos, raccourci pour faciliter le travail des DJs du monde entier, entre 1968 et 1989. Oui, vous le connaissez. Niez mais, dès lors, quittez cette page.

Né grec le 15 avril 1946, il ne sera déclaré de notre monde que le 15 juin suivant, en Egypte, un changement de nationalité imposé par ses parents pour une conjonction de Vénus dans Saturne, le jour d’une éclipse visible uniquement depuis la face Sud de la pyramide de Gizeh.

Un calcul surprenant pour les esprits sous-irrigués mais déterminant pour lui et sa famille, vu que ce samedi-là marque le 194ème anniversaire de l’invention du paratonnerre et que, précisément ce jour-là, le coureur cycliste égyptien Karam Gaber Shabana est victime d’une crevaison dans le Tour d’Alexandrie : sa décision de rentrer chez lui pour faire l’amour avec sa femme (surprise, puis ravie) donnera lieu quelques mois après à la naissance à Amr Shabana, qui sera par la suite 4 fois champion du monde de squash (en  2003, 2005, 2007 et 2009).

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ROCK’N’ROLL APRES L’ENFER, CAPSULA

La question de l’improbable ne s’est pas posée bien longtemps, ce vendredi 1er mars à l’ATABAL de Biarritz, devant le concert du groupe CAPSULA, reprenant in extenso l’abum Ziggy Stardust de Bowie, quarante ans après sa sortie.

L’improbable n’a donc apporté aucune mauvaise réponse à ce combo argentin basé à Bilbao, qui croit toujours dur comme fer que les pantalons en satin sont un incontournable d’un concert digne de ce nom.

Qu’une bassiste se doit d’adopter une mine de chatte deux heures durant, nous ravissant de mimiques que nous n’avions vues que sur le visage de Poison Ivy des Cramps.

Et qu’une guitare électrique ne sonne jamais aussi bien que quand elle accompagne le saut du chanteur, les pieds écartés dans un ciseau désinvolte que dix groupes (dont The Hives) pratiquent encore sur cette planète (dix au maximum) sans affoler leurs agents.

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BJÖRK, SANS ABANDONNER LE SOUFFLE A LA PESANTEUR [Regarde les Hommes Tomber #15]

Le titre “Broken” de Bjork pourrait se contenter d’être lumineux…

Co-écrit avec le guitariste flamenco Raimundo Amador en 1997, cette vibrante tectonique entre la poésie islandaise et le duende du Sud ne figure sur aucun album de la chanteuse (à l’exception d’un obscur import japonais). Et elle ne l’a pas interprétée à l’envi sur les scènes dont elle fut l’invitée dans le monde entier.

Elle le répète, et on n’y ferait presque pas attention tant la puissance de son cri est un souffle impressionnant, “my heart is so broken”.

Et il faudrait se rappeler. On ne chante pas “my heart is so broken” sans laisser des gouttes de sang sur des touches de piano, ou sur les cordes d’une guitare. Pas “impunément”.

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CHET BAKER, POUR DOUTER DE LA SANTE MENTALE DES DIEUX [Regarde les Hommes Tomber #9]

Il me faut en préambule déclarer ceci : évoquer Chet Baker ne signifie pas que l’on soit au fond du seau, ni du trou.

Un raccourci ahurissant qui giclerait dans le cerveau reptilien de gens à qui je n’ai pas envie de parler. Et encore moins de croiser, une seule discussion avec cette engeance à petites mains présentant le double risque de vous faire mourir d’ennui ou d’angoisse.

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TINDERSTICKS, NOUVEAUX DERNIERS COMBATS

Un groupe venu des ténèbres de Nottingham, réchauffées et ébranlées par la voix envoûtante de Stuart Staples, son Orphée, capable de redonner la vie aux inanimés, et sortir des Enfers sans y perdre son âme..

Le cinéma a popularisé cette formation entre soul blanche et pop dandy (“Nénette et Boni” en 1996, puis “Trouble Every Day” en 2001), et les tournées au métronome (tous les deux ans ou presque depuis 1993) des Tindersticks ont donné une figure, une apparence, à ces balades douces et vibrantes.

Ces soirs-là, quand le public est prêt, Stuart Staples doit venir sur scène, une nouvelle fois, pour y déposer sa voix impitoyablement émouvante. Et tenter de ne pas y laisser sa peau, au moins ce soir-là. La lumière s’atténue, une ombre s’approche du micro…

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“BERTRAND CANTAT NE DOIT PLUS JAMAIS CHANTER” [Regarde les Hommes Tomber #5]

Cela se murmure… Bertrand Cantat est attendu chez Barclay, pour son premier album en solo, en 2013. Dix ans après avoir tué Marie Trintignant,  avec qui il entretenait une liaison.

Il ne doit plus jamais chanter“. “Il n’a pas honte“. Sept ans de prison ne sont pas suffisants, il doit payer plus, et comprendre que la justice des hommes ne peut pas s’appliquer à lui comme aux autres.

Qu’une peine de prison ne signifie pas, même au nom de la société, qu’il a payé son dû. Moral, physique, et professionnel. Qu’une prison dont on aurait droit de sortir sa peine effectuée n’est pas valable pour lui, si ce n’est la réclusion à 30 ans (combien ? plus ?), ou la peine de mort.

Qu’une prison, même mentale, serait le seul endroit pour lui. Quatre ans après en être sorti, il doit y rester, “d’une façon ou d’une autre“. C’est bien, ça ?

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NICK CAVE, PJ HARVEY, ET CETTE MAUVAISE DESCENTE DE “LEE” [Regarde les hommes tomber #3]

 

C’est l’histoire d’une étreinte folle, d’un baiser passionné qui ne laissait place à aucune autre vérité que celle de ce moment où, sur un studio de télé anglais en 1996, PJ Harvey tombait dans les bras de Nick Cave, une rencontre intense entre deux musiciens et deux univers, le temps d’un titre “Henri Lee“, avant que ne survienne une chute qui allait le balancer lui vers ses albums les plus éteints, quand elle allait définitivement se déployer.

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