NE PAS VIVRE SANS LIBERTE, NE PAS ECRIRE SANS PEUR (Une interrogation, et quelques livres)

Des fleurs tombaient sur sa tête, tandis que des larmes coulaient de ses joues sur sa chemise blanche“.

Entendue dans un film ce soir, sans être tout à fait certain qu’elle ait réellement été prononcée, cette phrase m’a ramené vers une interrogation posée il y a quelques semaines par mes deux petits gars, à l’occasion d’un devoir de français : la souffrance est-elle nécessaire au poète ?

Y répondre par un “ni oui ni non” en forme de Jeux de 20 heures n’avait guère de sens, quand était espérée une réflexion un peu plus structurée, qui n’a pas pris place dans mon cerveau post-reptilien. Mes quelques balbutiements ont tôt fait de les renvoyer dans une perceptible lassitude de devoir se dépatouiller  par eux-mêmes, sans le soutien de l’un de ces adultes encombrants que leurs adolescences cherchent à écarter progressivement.

Qu’il me soit permis de penser que la question initiale est peut-être mal posée, et de me retourner sur quelques livres lus ces dernières semaines, qui auront fait ce qu’ils pouvaient pour me faire oublier 4 mois de pluie au Pays Basque.

Devant le risque d’être un peu long, et laborieux, quelques notes douces de Max Richter en écoute recommandée, pour patienter jusqu’à la fin de cet article…

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“ET T’ECRIRE DES POEMES”, TRAGEDIE INABOUTIE DE LA FOLIE SOLITAIRE [ABSENCE]

D’où vient ce sentiment de ne pas avoir suffisamment vibré ce vendredi soir au Théâtre de Bayonne devant ABSENCE de la compagnie Dos à Deux ?

Dans un huis-clos apocalyptique et futuriste, un homme seul livre son quotidien au regard des spectateurs, entre chasses aux rats qui tombent dans ses pièges et attente de cette goutte d’eau vitale qui lui permet, comme un antidote, de résister à l’air pestilentiel de l’extérieur.

Que cela soit pour lui, ou pour son poisson rouge, unique compagnie aimée d’une existence solitaire où le but de la vie est d’échapper à l’ennui, et à la folie.

Seul. Il est seul, ou presque.

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20 EUROS LA PIPE, ET LES LARMES DE KUNDERA

La place Venceslas à Prague est l’alma mater de toute l’oeuvre de l’écrivain Milan Kundera, et, en partage, de tous ses lecteurs fascinés.

Qu’elle soit le théâtre de la Révolution du Printemps, photographiée sans relâche par la Teresa de L’insoutenable légèreté de l’être, ou qu’elle soit le lieu de rendez-vous des “risibles amours“, en particulier ceux de Jaromil, dans La vie est ailleurs

Pour tous ceux dont une partie de la vie fut marquée par ces livres, elle est également et à jamais ce lieu où un jeune étudiant de 21 ans, Jan Palach, s’immola par le feu en 1969 pour soustraire son corps à l’Histoire écrite par les Russes dans son pays.

En 1999, dix ans après la victoire de l’élan porté par Vaclav Havel, j’ai eu la chance de m’y rendre, avec, dans le coeur, ce bouleversement provoqué par le choc entre les souvenirs magnifiés et la réalité qui peut t’y attendre.

Dans le taxi de l’aéroport qui m’amenait vers le centre ville, le chauffeur sifflotait sur une chanson de France Gall, bientôt suivie dans son poste par un titre usé d’Higelin.

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KUNDERA, JOEL ET CLEMENTINE, DANS MON PLAT D’HARICOTS VERTS SUR L’ORDINATEUR

Allumer mon PC engendre une routine immuable. Ouvrir l’explorateur Internet, et pendant qu’il charge, choisir la musique du jour/soir.

Attendre que google.fr s’affiche, puis ouvrir rapidement les onglets suivants : Google Actualités, Gmail, Blog Ramuntxo Yallah, Slate.fr, LeMonde.fr, Twitter et FB (d’un oeil devenu distrait), ainsi qu’un blog dont la lecture est devenue quotidienne.

Puis changer de musique, parce que j’ai déjà écouté trop de fois l’album en cours, et en reprendre un nouveau, à peine moins écouté.

Tous les jours.

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ANNA POLITKOVSKAIA N’A PAS VOTE POUTINE [Les Cahiers Russes, Ed. Futuropolis]

Dimanche dernier, Anna Politkovskaïa n’a pas participé au vote qui a officiellement ré-installé Vladimir Poutine sur son trône de Russie.

La journaliste la plus célèbre de ce pays-continent ne vote plus que depuis que, le 7 octobre 2006, deux balles de pistolet Makarov IZH lui ont silencieusement transpercé la tête, dans l’ascenseur de chez elle, au 8 de la rue Lesnaïa Oulitsa, à Moscou.

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