UNKLE (featuring Duke Spirit) – #Mayday [Dans le Casque]

C’est comme une envie de gras au coeur de l’hiver, l’idée que notre survie en dépend, même ponctuellement…

Du son, un peu lourd mais pas que, et une voix de chanteuse pour enrober le tout.

Quand l’ensemble est confié au collectif anglais Unkle post Mo’Wax, les furieux de Duke Spirit pas loin dans le studio, ça donne un signal d’alarme qui n’emprunte pas les chemins de la détresse.

Non… Juste une envie de secouer la tête un peu énergiquement, façon Parkinson comme le Pape d’avant le Ratzinger.

Envie aussi de laisser le hasard guider le reste de vos pas. Même ponctuellement.

“Laissez-moi seul juger de ce qui m’aide à vivre”, répétait Paul Eluard.

The Beta Band – #B+A [Dans le casque]

Retrouvé sur un blog ami (merci, Murielle), ces Écossais se sont fait un nom aussi rapidement que brièvement, trois albums ayant convaincu les membres de ce groupe pop de se lancer dans des aventures solos perdues parmi tant d’autres.

Si un titre  comme Dry The Rain (une prière commune à tous les Ecossais) a été immortalisé par la suite dans le film High Fidelity de Stephen Frears, ce morceau-ci, que l’on ne peut accuser d’être impossible à mémoriser, est un long instrumental propre à vous faire oublier que la nuit est tombée, depuis longtemps, à vous faire oublier la fatigue qui ralentit votre voix et vous transforme en crapaud aux yeux cernés de couleurs incertaines.

Les quelques sons de voix entendus dans ce B+A vous ramèneraient presque à ces murmures entendus chez un autre oiseau nocturne, Keith Jarret, dans son envoûtant Live in Köln.

Ce n’est pas sérieux, mais vous le cherchez et le retrouvez, vous repartez pour une heure d’écoute en plus.

Vous vous maudirez après avoir dormi correctement, mais pas avant d’avoir fait play it again sur votre lecteur…

Plus tard, plus tard…

Yellowtail feat Jose James – #Kings & Queens [Dans le casque]

Un son jazzy qui surprend un matin pluvieux, Nova sans doute, avec une intro très cinématographique, piano et contrebasse en devant de scène… Puis la voix chaude d’un gars, José James, qui m’était totalement inconnu, dont il est écrit dans un article sur Le Monde. fr qu’il a “bien fait de signer chez Blue Note depuis 2011 pour trouver sa voix”, soit après un morceau comme celui-ci…

Et moi je scotche, je devais rêver de princes et de princesses, je ne sais plus, et celui-ci qui croit encore aux rois et aux reines…

La pluie devrait pouvoir s’arrêter de pleuvoir, “le futur se chante” répète-t-il, mon immédiat devrait pouvoir chantonner, alors…

Avec une note de bleu en tête…

Gang Starr – #Jazz thing [Dans le casque]

Un parfum de Côte Est, tandis qu’affluent les images des films de Spike Lee, dont ce Mo’Better Blues que cette formation avait incendié de son beat cool, swing et puissant.

Eux allaient donner la formation Jazzmatazz, et lui sortait de l’impeccable Do The right Thing, avec Malcom X déjà dans la tête.

Démangements de hanches, et les membres qui s’agitent, valse de pieds, et mains qui dessinent les mots “black” et “beautiful”, à peine visibles derrière des lunettes noires.

 

Zéro 7 – #Futures [Dans le casque]

Une petite dose de trip hop, douce et calme, par ce duo de bidouilleurs recrutés par Radiohead sur leur album Ok Computer.

Derrière la mélodie entêtante, des accents de guitare latinos par José Gonzalez, dont la nationalité suédoise n’est qu’un accident de parcours, depuis le départ de ses parents argentins durant la dictature là-bas.

Le mélange ambient s’écoute en boucle, le fondement même de cette rubrique.

Je décline toute responsabilité sur la destination que prendront vos pensées par la suite.

 

Stéphane Pompougnac – #Tango Forte [Dans le casque]

Malgré son nom de grand bourgeois dont la famille aurait échappé de justesse aux coupages de têtes de la Révolution, Stéphane Pompougnac a su faire émerger la sienne de tout ce maelström musical dont raffolent les sociétés d’ascenseurs, les welcome men des grands hôtels lounge, et les constructeurs de parkings un peu sélects.

Avec sa collection signée Hôtel Costes, l’homme a bidouillé et rassemblé des titres qui nous donnent le temps de rajuster le plan de table de nos convives du samedi soir, ou de rêvasser à la maison en bois que nous ne ferons jamais construire en hauteur des Blues Moutains australiennes.

Ce morceau-ci, débarrassé des voix envoûtantes de beautés fatales en robes tout autant dangereuses, est une boucle entêtante, minérale, dont la simplicité apparente ne vous interdit pas de croiser les mains, les yeux dans le vague. Ne serait-ce le temps de vous interroger sur le titre de ce morceau, qui vous rappelle que vous aviez adoré le film “El Sur” de Solanas, et que vous ne savez plus trop où vous avez rangé vos vieux disques d’Astor Piazzola.

Une attitude que l’on a vous sans doute déjà beaucoup reproché dans vos vies antérieures, mais dont vous ressentez combien elle vous permet de ne pas vous reconnaitre dans l’expression d’un “animal utile”.

Yeux fermés, donc… Le reste attendra…

Gorillaz (The XX Cover) – #Crystalised [Dans le casque]

Il doit y avoir quelque chose de bien intimidant de voir Damon ALBARN et sa formation protéiforme de Gorillaz vous reprendre l’un de vos tout premiers titres, Crystalised, alors que vous venez tout juste de vous confronter au public.

Déboulant dans une veine musicale que l’on imaginait plus suturée que les discrètes cicatrices faciales de Jocelyn Wildentsein (influences assumées des Cure, de Philippe Glass, ou Young Marble Giants), le groupe londonien The XX a directement déboulé dans les meilleurs espoirs NME de l’année 2009, puis dans les meilleurs ventes, puis dans tout ce que la télévision britannique a pu utiliser comme génériques et autres bande-annonces.

Un sens certain de la mélodie pop qu’on aurait tort de prendre pour des simples ritournelles, quand la force d’un morceau peut venir de son économie rythmique et de sa douceur, une option fragile que le R’n’B cherchera à comprendre après la fin du monde.

Cette cover s’écoute en boucle, sans lassitude, et il n’apparait plus comme nécessaire de cesser de regarder par la fenêtre. Un plaisir de ces derniers jours de 2012, qui nous auront vu ne rien changer à nos habitudes : trouver comme Jean Giono que la sensualité est une sorte d’allégresse cosmique.