UN MORCEAU DE SUEDE, ET CETTE FEMME, LA [Regarde les Hommes Tomber #19]

Ce dimanche matin avait commencé par du soleil, puis par la fête populaire de la Korrika à Bayonne. Plus de 10.000 personnes, ont établi les organisateurs, quand la ville s’était animée d’ikurriñas et de chants basques, dans une ambiance enfin printanière.

Retour sur l’ordi dans l’après-midi, puis nouvelles déambulations, avant de se faire saisir par le sentiment de ne pas être complètement dans le rythme, comme le sentiment d’être un touriste sur une journée comme cela.

Rien de grave, j’en parlerai à mon psy quand je serai grand, mais cela se règle facilement, habituellement, pour ma part.

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WONG Kar WAI, REVELATEUR ADN

La sémantique des expressions popularisées n’y suffit pas.

Trop relatives, trop fourre-tout.

Avoir des enfants ne peut pas relever de l’espace disponible entre deux pensées éculées.

“Les chiens ne font pas des chats”, et “Ton adolescent, ce n’est pas toi en moins jeune, c’est autre chose”.

Non, pas suffisant.

J’ai eu des enfants pour qu’ils voient les films de Wong kar Wai.

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“OUI MONSIEUR”, MON ONCLE D’AMERIQUE [Mon prochain doc]

L’anecdote qui suit est un raccourci rapide mais sans doute suffisant pour aborder cette histoire, et présenter mon désir de la raconter.

La scène se passe fin 2008 au sujet du Jockey Club Restaurant, l’un des établissements les plus courus de Washington, où s’y est pressé depuis son ouverture au début des années 60 tout ce que le Congrès américain a connu de politiciens célèbres (avec ses Présidents successifs) et de célébrités d’Hollywood de passage dans la capitale américaine.

Fermé depuis 2001, Internet bruissait donc d’une réouverture possible de ce restaurant mythique, que confirme l’envoi massif de mails présentant la nouvelle carte au menu.

A 32$ la Dover Sole (une spécialité historique du lieu), un internaute interroge par retour de mail : “Are you sure the Dover Sole is fresh?”

La réponse intervient immédiatement : “Oui, Monsieur”, en français dans le texte, apportant ainsi la meilleure réponse possible au doute exprimé : “The french maitre d’hotel of legend Martin Garbisu is back”, une information reprise plus tard par le Washington Post qui couchera noir sur blanc son enthousiasme pour le retour du beloved bonhomme.

Qui, accessoirement (et je remonte fièrement les épaules), est mon oncle, Tonton Martin, mon otto, parti à ses 20 ans tenter sa chance aux Etats Unis, comme beaucoup d’autres paysans basques.

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ROCK’N’ROLL APRES L’ENFER, CAPSULA

La question de l’improbable ne s’est pas posée bien longtemps, ce vendredi 1er mars à l’ATABAL de Biarritz, devant le concert du groupe CAPSULA, reprenant in extenso l’abum Ziggy Stardust de Bowie, quarante ans après sa sortie.

L’improbable n’a donc apporté aucune mauvaise réponse à ce combo argentin basé à Bilbao, qui croit toujours dur comme fer que les pantalons en satin sont un incontournable d’un concert digne de ce nom.

Qu’une bassiste se doit d’adopter une mine de chatte deux heures durant, nous ravissant de mimiques que nous n’avions vues que sur le visage de Poison Ivy des Cramps.

Et qu’une guitare électrique ne sonne jamais aussi bien que quand elle accompagne le saut du chanteur, les pieds écartés dans un ciseau désinvolte que dix groupes (dont The Hives) pratiquent encore sur cette planète (dix au maximum) sans affoler leurs agents.

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UNKLE (featuring Duke Spirit) – #Mayday [Dans le Casque]

C’est comme une envie de gras au coeur de l’hiver, l’idée que notre survie en dépend, même ponctuellement…

Du son, un peu lourd mais pas que, et une voix de chanteuse pour enrober le tout.

Quand l’ensemble est confié au collectif anglais Unkle post Mo’Wax, les furieux de Duke Spirit pas loin dans le studio, ça donne un signal d’alarme qui n’emprunte pas les chemins de la détresse.

Non… Juste une envie de secouer la tête un peu énergiquement, façon Parkinson comme le Pape d’avant le Ratzinger.

Envie aussi de laisser le hasard guider le reste de vos pas. Même ponctuellement.

“Laissez-moi seul juger de ce qui m’aide à vivre”, répétait Paul Eluard.