APRES LA FIN DU MONDE [Regarde les Hommes Tomber #11]

Une éventualité recevable pourtant, concevable comme le dernier maillon d’une chaine qui pouvait s’emballer. Celle d’une folie collective liée au 21 décembre 2012, et à la fin de toute chose.

La dernière et très chic hystérie, celle de la prédiction maya, dans un monde qui n’en manquait pas, ne comptait pas les blessés, et pariait sur le fiasco suivant.

Elle n’avait pas eu lieu. Il avait misé sur l’imbécilité du monde, sur des comportements grégaires d’affolements, tout au moins sur des faits divers consternants. Et ce n’est qu’en cela qu’il éprouvait un léger sentiment de déception.

Il avait joué. Tout misé. Un sourire aux lèvres.

Le monde tel que nous l’acceptons d’ordinaire n’avait pas généré de suicides collectifs, d’exodes massifs vers des contrées isolées peuplées d’hurluberlus aux yeux exorbités, traqués par des caméras vautours.

Non. Rien de cela ne s’était produit. L’improbable allait tout de même devoir exiger sa victoire à l’impossible, et la vérité se cacherait donc derrière son sourire, quelque peu embarrassant.

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Gorillaz (The XX Cover) – #Crystalised [Dans le casque]

Il doit y avoir quelque chose de bien intimidant de voir Damon ALBARN et sa formation protéiforme de Gorillaz vous reprendre l’un de vos tout premiers titres, Crystalised, alors que vous venez tout juste de vous confronter au public.

Déboulant dans une veine musicale que l’on imaginait plus suturée que les discrètes cicatrices faciales de Jocelyn Wildentsein (influences assumées des Cure, de Philippe Glass, ou Young Marble Giants), le groupe londonien The XX a directement déboulé dans les meilleurs espoirs NME de l’année 2009, puis dans les meilleurs ventes, puis dans tout ce que la télévision britannique a pu utiliser comme génériques et autres bande-annonces.

Un sens certain de la mélodie pop qu’on aurait tort de prendre pour des simples ritournelles, quand la force d’un morceau peut venir de son économie rythmique et de sa douceur, une option fragile que le R’n’B cherchera à comprendre après la fin du monde.

Cette cover s’écoute en boucle, sans lassitude, et il n’apparait plus comme nécessaire de cesser de regarder par la fenêtre. Un plaisir de ces derniers jours de 2012, qui nous auront vu ne rien changer à nos habitudes : trouver comme Jean Giono que la sensualité est une sorte d’allégresse cosmique.

Fences – #Fires [Dans le casque]

De ce jeune homme, finalement, on ne sait pas grand chose, sinon qu’il s’obstine depuis Seattle à ne pas laisser la distorsion s’emparer de sa guitare.

Christopher Mansfield le répète, des ancres tatouées sur tout son corps : il veut “partir d’ici”.

A écouter en boucle ce morceau, on a envie de le suivre. Une caméra à la main. Vous, je ne sais pas, mais moi, ça me met dans un état… vagabond. Entre patience et urgence.