Someone still loves you boris yeltsin – #Think I wanna die

Difficile sans doute de trouver un nom de groupe aussi étrange que celui choisi par ce groupe de Springfield (dans la même veine un peu incompréhensible de leurs clips), une grande rigolade qui leur a tout de même valu d’avoir été invité en 2007 en Russie quelques mois après le décès de ce Président russe qui avait affolé les fournisseurs de vodka du Kremlin.

Pop post ados assumée avec le sourire, balades de guitares très agréables (entre Sufjan Stevens et clins d’oeil appuyés vers les Beatles), et quelques morceaux plus électroniques (pour une ligne musicale nettement plus bancale), un groupe qui semble (bien) vivre sans la pression d’un vrai producteur (quoi que, parfois, sur certains titres, le bonhomme manque un peu…)

Et qui reste obsédé par son public féminin (au moins celles qui pourront occulter leurs abominables chemises à carreaux), et par une légère auto-dérision rafraichissante.

3 albums dans leur discographie, le dernier vrai album en 2010, et plutôt quelques solides raisons de ne pas les perdre de vue.

Et un clin d’œil amical à des “Musique du Jour” de Radio M, qui m’a donné envie de cette nouvelle rubrique…

CE SOURIRE D’ENFANT A ALEP [Regarde les hommes tomber #6]

J’ai “vécu” en Syrie pendant près d’un an entre 2008 et 2009.

Quand il m’avait semblé évident que je partirais dans ce pays lointain, pour me “réfugier” au coeur de cette expression qui me faisait rêver, “le berceau de l’humanité“, sans autre justification possible à fournir à mes proches. Et y rester. Un an, deux ans peut-être. C’était “avant”. Avant l’épouvantable.

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RICANEMENT “BIO”, et “Estrangement” de Rich Aucoin

Charmant petit “village fermier” de l’Agropole d’Agen, lieu de “développement durable de l’agroalimentaire” (sic)

Ca fait partie des “petits bonheurs” de déambulations dans un supermarché, entre les fruits qui passeront de “dur” à “pourri” sans passer par la phase “mûr” malgré le kérosène ambiant, et les légumes récoltés là-bas (pas très loin), conditionnés ailleurs (très, très loin), et vendus ici (retour), à un prix inférieur à celui des maraîchers locaux.

Ce matin, pour remplacer l’absence sur les étals de Boletus aestivalis (les premiers cèpes de l’été), que l’on peut trouver à un prix entre 10 à 15 euros le kilo, étaient proposés des Bolets bordelais en pièce, avec une mention “bio” censée garantir la qualité du dit produit.

Et faire passer l’amertume d’un “étonnement” certain devant ce produit dans la même bouchée que le prix demandé par la firme Lou Capelou (groupe Sylvalis), d’Agen.

Le Cèpe “bio”, sans doute aussi difficile à avaler gustativement qu’après une phase courte (brève, même) de réflexion.

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L’AMOUR, SELON L’EQUATION D’HAL HARTLEY

Sur la route d’un être qui projette de mettre ses pas dans la direction d’une personne aimée, la 1ère chose est sans doute de se débarrasser rapidement des poncifs sur le prince charmant ou son équivalent féminin, de la dépersonnalisation du concept de “sa moitié”, et de ne pas penser que “le destin fera bien les choses”.

En 1990, le cinéaste indépendant américain Hal Hartley proposait avec TRUST une équation qui pouvait permettre aux deux principaux protagonistes de ce film magnifique de parvenir à un état de plénitude.

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“BERTRAND CANTAT NE DOIT PLUS JAMAIS CHANTER” [Regarde les Hommes Tomber #5]

Cela se murmure… Bertrand Cantat est attendu chez Barclay, pour son premier album en solo, en 2013. Dix ans après avoir tué Marie Trintignant,  avec qui il entretenait une liaison.

Il ne doit plus jamais chanter“. “Il n’a pas honte“. Sept ans de prison ne sont pas suffisants, il doit payer plus, et comprendre que la justice des hommes ne peut pas s’appliquer à lui comme aux autres.

Qu’une peine de prison ne signifie pas, même au nom de la société, qu’il a payé son dû. Moral, physique, et professionnel. Qu’une prison dont on aurait droit de sortir sa peine effectuée n’est pas valable pour lui, si ce n’est la réclusion à 30 ans (combien ? plus ?), ou la peine de mort.

Qu’une prison, même mentale, serait le seul endroit pour lui. Quatre ans après en être sorti, il doit y rester, “d’une façon ou d’une autre“. C’est bien, ça ?

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“SUR LES PAS DE JAKES”, ET SUR CEUX DE MON “PAYS BASQUE INTIME”

C’est en travaillant sur ce projet de documentaire, le portrait de l’élu basque Jacques Abeberry, (appelé “Jakes” désormais depuis Biarritz dont il est l’adjoint à la culture historique depuis plus de 20 ans), que j’ai retrouvé le visage de ce petit gamin, et de sa soeur, visages graves, en partance tous deux vers l’exil après le bombardement de Gernika, en 1937.

C’est ma “première image du Pays Basque”, vue pour la 1ère fois en 1994 dans des images d’archives que je consultais à la Filmothèque basque de Donostia.

Depuis, ce visage n’avait de cesse de me questionner sur mon rapport personnel à ce Pays Basque, dont je méconnaissais sans remords particulier l’histoire, ainsi que sa géographie.

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“LE JOUR DU MINEUR” DE GAEL MOCAER, DANS LA MEILLEURE VEINE DU CINEMA DOCUMENTAIRE

Le nouveau documentaire de Gaël Mocaër, “LE JOUR DU MINEUR” (1h17 – 2012), n’en est encore qu’au stade de la post-production, que déjà les doigts se croisent pour que cette œuvre indépendante trouve un accès vers les salles de cinéma.

Il lui aura fallu pour cela deux ans d’aller-retours et de séjours de plusieurs mois dans la mine de charbon de Bouzhanska, au nord-ouest de l’Ukraine, près de Novovolynsk, à la frontière de la Pologne, dans une contrée que l’hiver sépare de nos envies (la température y chute à -30°C) et, probablement, de nos rêves.

Là-bas pourtant, la fierté d’être une “gueule noire” semble résister au temps (“Les Français n’vont jamais croire que je gagne 300 euros par mois“), à l’Histoire (malgré des symboles CCCP toujours présents dans le décorum), et à la peur, qui ne lâche pas ces hommes, ce qu’ils confient parfois au réalisateur, casque et masque anti-poussières sur le visage tout comme eux.

Et l’émotion, même désuète, lors de la remise annuelle en août des médailles des meilleurs d’entre eux, “Le Jour du Mineur“, vient sans aucun doute de notre envie de croire que, là-bas, comme ici ou ailleurs, une caméra est capable de saisir cet instant trop rare où une partie invisible du monde est racontée par ceux qui y vivent.

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