NE PAS VIVRE SANS LIBERTE, NE PAS ECRIRE SANS PEUR (Une interrogation, et quelques livres)

Des fleurs tombaient sur sa tête, tandis que des larmes coulaient de ses joues sur sa chemise blanche“.

Entendue dans un film ce soir, sans être tout à fait certain qu’elle ait réellement été prononcée, cette phrase m’a ramené vers une interrogation posée il y a quelques semaines par mes deux petits gars, à l’occasion d’un devoir de français : la souffrance est-elle nécessaire au poète ?

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CE FILM DE 1919 SUR BAYONNE, AUJOURD’HUI DISPARU

Cela aurait dû nous permettre de connaitre des images exceptionnelles de la ville de Bayonne, ce 18 novembre 1919, jour des festivités de la 1ère commémoration du retour cérémonial des poilus : un an auparavant, la nouvelle de l’armistice avait dû les surprendre (avec soulagement) dans les divers champs de batailles où ils étaient engagés, sans qu’ils n’aient pu (logiquement) être présents dans leurs villes respectives ce jour-là pour fêter ça.

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Le film BERTSOLARI, bien au-delà d’une simple identité basque

Retour sur l’article écrit il y a deux ans pour le média eitb.com sur ce film d’Asier Altuna, sorti en septembre 2011 au Festival International de Saint-Sébastien/Donostia : cette œuvre magnifique possède un vibrant pouvoir de fascination, et parvient à dépasser le simple sujet des chanteurs improvisateurs basques pour signer une puissante ode à la création, par une émotion qui fera trembler plus d’un spectateur.

Deux ans après sa “révélation”, le film n’a toujours pas eu de distributeur cinéma en France. Il est aujourd’hui disponible en DVD sur Internet, ou à la librairie ELKAR de Bayonne.

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DES NUAGES ET DE LA PLUIE, “DES REGRETS”, et une prière

C’est difficile à expliquer“, intervient à un moment donné l’enquêteur du film Les jeux des nuages et de la pluie, de Benjamin de Lajarte, sorti en janvier 2013.

Il avait donné lieu à une supposition, sur ce blog. Celui de l’existence d’un film inclassable, et peut-être, “magique“.
Lire ici : “LES JEUX DES NUAGES ET DE LA PLUIE”, ET UNE QUESTION QUI FACHERA

Pour l’avoir vu sur une plateforme de visionnement par streaming, faute de mieux pour l’instant, il m’est possible de le confirmer. Ce film l’est, magique, et sans aucun doute, il est plus que cela.

La première réalisation de ce nouveau venu dans le 7ème art est une réelle merveille, qui brouille les pistes habituelles de narration du cinéma, et nous entraîne dans un rêve de hasards, de furies et d’amour(s), dont le charme ne s’estompera pas de si tôt.
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LOS BANDIDOS EN MODE TRANSE LATINE [Flux#7]

Il pose sa guitare sur sa cuisse. Ajuste la position du micro. Cherche le contact entre ses doigts et les cordes de nylon. Tony Putaggio a pris place dans le jardin du Cloître, près de son acolyte Johan Blanchard, avec qui il forme le duo Los Bandidos.

Il respire, souffle un peu trop fort, son ami le regarde, pas totalement rassuré. Leur set durera une trentaine de minutes, et ce n’est pas ce qui les inquiète, tant ils l’ont joué des bonnes centaines de fois en un an de concerts dans la rue. Tony ferme les yeux, cache un rictus de douleur. Sa tête ne le lâche pas, une migraine à souhaiter être dynamité pour qu’on en finisse. Ne rien laisser paraitre. Attaquer les premières notes. Dérouler ces sept compositions qu’ils ont patiemment rêvées, puis travaillées, ne cédant pas à la facilité de reprises connues.

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CARNETS PHOTOGRAPHIQUES DE STEPHANE BELLOCQ (DANS SA CHAMBRE)

Stéphane Bellocq n’a pas grandi. Cette réponse s’est imposée à lui, instinctivement, sans même y avoir réfléchi. Une évidence.

Stopper le mouvement de ceux qui décident pour vous, de ceux qui parlent de nouveaux mondes, les hommes du sérieux et des pensées aveuglées par des urgences qu’il ne partage pas. Sans doute un arbre, devant lui, a pu suffire à le convaincre.

Bloquer le mouvement. Fixer l’instant. Entendre le “Clic” de son appareil photo. Ne plus respirer. Et entasser des moments comme on remplit un tiroir de sa chambre d’objets personnels, qui ne regardent personne sinon soi-même.

Il attend, et scrute un fragment du monde qui tiendra lieu du monde à lui seul. Ses photographies disent “On ne sait jamais“.

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