Là où France Télévisions s'entête encore un peu à aller éclairer les aspérités du présent par le prisme sépia du passé, le FIPA a su accueillir une nouvelle fois les productions d'une soixantaine de pays, parmi lesquelles une grande proportion de films d'urgence, telle que fut ressentie physiquement la nécessité de la partager sans se poser plus de questions que cela, et surtout pas les mauvaises qui assombrissent le regard et font baisser les poings levés.
Loin du "Chateaubriand" de Pierre Aknine, ces investigations ont été menées pendant plusieurs années avec des budgets ridicules, le temps et les difficultés n'ayant pas eu de prise sur la volonté, et rendus possibles par l'émergence de petites caméras qui tiennent dans un sac à dos, donnent des images remarquables, qui, montées tout aussi patiemment sur des ordinateurs portables tout à fait ordinaires, ont permis à la réalité de se frayer un chemin vers les yeux, puis l’âme, de ceux qui, durant cette semaine, avaient pris place sur les fauteuils.
Parmi ceux-là, Frédéric Laffont est venu présenter une vision du monde qui, avec "1 $ pour 1 vie", ne l’englobe pas, mais qui conteste la condamnation à mort de tout espoir.
"Ce documentaire passera en avril sur ARTE, dans la case de 23h, et une seule fois", explique-t-il, "et si je suis convaincu qu’un film ne change pas le cours du monde, je suis tout de même persuadé qu’il peut constituer un point d’accroche, pour ceux à qui il rend hommage, et pour ceux qui ont besoin de considérer le monde autrement que comme un amas de douleurs et d’impuissance"…
ACTION
Qu’il faille entendre, en conférence de presse, que "Chateaubriand" permette de mesurer l’actualité de la lutte pour le pouvoir, "en particulier en ce jour de verdict de Clearstream", fait partie de moments non inoubliables de cette 23ème édition, vite chassée par exemple par la rencontre avec Lars Edman et William Johansson, les deux réalisateurs suédois de "Toxic Playground" :