« Le temps où l’aveugle restait sur une chaise dans un coin de la cuisine, devant la fenêtre, ça, c’est heureusement fini. Aujourd’hui, même si on reste les mal-chaussés de son évolution, on est plus souvent au contact de la société, depuis l’école jusque dans la rue», affirme Pascal en souriant.
Début janvier, il va prendre le relais du travail de soutien aux non-voyants et mal voyants mené par Louis Thouvard pendant des années, au sein de l’association Valentin Haüy. Cet homme infatigable n’avait eu de cesse de permettre à ses adhérents de sortir en montagne faire du ski, de les amener au cinéma pour des séances particulières, de casser l’isolement des uns et changer le regard des autres.
Pascal Andiazabal, qui sera nommé Président de l’AVH au début de l’année prochaine, a un objectif supplémentaire en vue : favoriser une « sortie du tunnel » par tous les moyens que la technologie moderne permet.
UN TRAVAIL DE RECONNAISSANCE
Dans la grande pièce d’accueil de l’association AVH à Bayonne, de multiples étagères remplies de cassettes audio entourent quelques tables de réunion : on y retrouve les « livres à écouter » (de Laurent Gaudé aux grandes encyclopédies historiques). « On les garde encore, mais bon, tout ça est désormais sur CD ou DVD, ça prend moins de place », explique Pascal. « L’ordinateur est totalement intégré à notre gestion du quotidien. On apprend par cœur les touches du clavier, les icônes sur le bureau, et après, avec un logiciel de reconnaissance vocale, on se débrouille aussi bien qu’avec une souris ».
Dans la pièce est rangé un scanner, équipé d’une sortie casque : « on scanne les lettres que l’on reçoit, ou bien les journaux. Un logiciel spécifique, JAWS, assure ensuite la traduction sonore. Mais ces voix synthétiques, c’est affreux ! Alors, on peut rajouter un module personnalisé de voix : moi, j’ai choisi Virginie, parce qu’elle est vraiment agréable à écouter », confie-t-il avec ce grand sourire qui accompagne chacune de ses phrases.
Le logiciel, indispensable, coûte une petite fortune, près de 3.000 euros, un investissement que l’association met à disposition de ses adhérents.