Ces jours-ci n’y ont pas coupé, on l’aura encore beaucoup entendu, de la bouche des estivants écoeurés par la pluie de vendredi : "Ah, ça, on comprend pourquoi le Pays Basque est vert !". Une affirmation largement insuffisante, mais qu’il est inutile de contredire, ils sont déjà suffisamment fâchés comme ça.
Le vert reposant et serein, il serait plus facile de l’accepter si nos billets dans le porte-monnaie arboraient plus facilement cette teinte ! Las, les billets de 100 euros, tout comme les dollars, se sont fait rares, ou alors sont restés entre les mains de ceux qui les avaient déjà : pour ce 1er trimestre 2009, 48,5% des faux billets en circulation en Europe sont des coupures de 20 euros, un pourcentage en hausse cette année, nouveau baromètre éloquent de la crise.
Au Pays Basque, le "berde" a, certes, toute sa place dans le paysage, mais il aura même largement supplanté le « Rose », depuis les élections européennes du 7 juin dernier, avec une percée remarquée de la liste Europe Ecologie menée d’une part par José Bové pour la sensibilité "ekologista" et Menane pour Abertsaleen Batasuna.
Il faudra donc aller chercher du côté du mot "berdexka" pour traduire ce « vert pas bien mûr » qui accompagne désormais les professions de ces élus qui ont admis, résultat des urnes oblige, l’obligation d’en colorer leurs programmes.
Ce "berdexka" sert également à traduire un propos "un peu vert", c’est à dire teinté d’un côté obscène, porteur d’une certaine bassesse.
Au Pays Basque, par exemple, l’expression "une vulgaire opportunité commerciale" semble devoir se traduire par "nouvelles LGV entre Bordeaux et Irun". De nombreuses mains se dressent désormais pour demander pourquoi "l’accession au progrès" doit passer par 8 hectares de forêt détruits par kilomètre de rail, pourquoi une vallée doit devenir un pont aérien, et une colline se transformer en tunnel.