Une jolie photo de famille cet été à Noumea, où trônent au centre les deux représentants de la métropole française, Marie-Luce Penchard, secrétaire d’état à l’outre-mer, et Monsieur Kouchner, ministre des Affaires étrangères. Pas de photographies dehors, où tout le centre-ville était bouclé par les forces de l’ordre. Et la principale place de la ville interdite aux habitants.
Scènes ordinaires du "Caillou" et images officielles inexistantes, inappropriées sans doute, de ce collectif de soutien à 6 syndicalistes emprisonnés à des peines fermes depuis le 25 mai 2009 pour "entrave à la circulation d’un avion" lors d’une action de protestation sociale.
Embastillés serait même le terme le plus exact, quand la prison du "Camp Est" depuis laquelle ils clament leur rage est très officiellement considérée comme l’une des plus vétustes "de France".
Bernard Kouchner n’a pas souhaité rencontrer les représentants kanaks de ce 2ème syndicat du pays. Mais, ce jeudi, une délégation d’élus Europe Ecologie–Les Verts, menée par José Bové, y est venue réclamer devant le Tribunal correctionnel de Noumea l’application d’un même droit pour tous dans cet incroyable cas de figure, qui n’aurait jamais débouché sur une telle condamnation en métropole.
Réponse le 14 janvier…
"DES METHODES DE VOYOUS"
Pour l’Etat français, l’Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités (USTKE) est loin d’être inconnue, puisque ce syndicat a été à l’origine du rassemblement des organisations indépendantistes au sein du FLNKS, futur signataire des accords de Matignon de 1998.
Une organisation qui symbolise aujourd’hui la promesse de la métropole de relâcher le joug sur l’île avant 2018, les mains cachées dans le dos après la tuerie de la grotte d’Ouvea en 1988.
Véritable épine du pied dans la botte du pouvoir colonial, le syndicat fait l’objet de toutes les attentions de Nicolas Sarkozy, qui, en 2007, vire l’ancien Haut-Commissaire de l’île, jugé trop mou, et y envoie un proche de Christian Estrosi, pour redresser la situation, c’est-à-dire faire baisser la tête à ceux qui plantent leurs yeux sous les képis tricolores.